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Plein air et voiture électrique : mode d’emploi

Silencieuses et confortables, les voitures électriques forment un allié naturel pour les petites routes sinueuses qu’on aime parcourir à l’écart des grands centres urbains ou pour gagner un lieu de pratique du plein air. Mais peut-on aller loin sans se retrouver le bec à l’eau et la batterie à plat? Petit tour d’horizon de l’évolution de l’offre et déconstruction au passage de certains mythes tenaces.

Il est loin le temps où il fallait être un passionné absolu et enthousiaste pour franchir de longues distances en véhicules électriques. De nos jours, ces voitures ont une autonomie quasi comparable à celle de leurs ancêtres à essence, alors que les bornes de recharge se multiplient et sont bien réparties sur le territoire québécois. En somme, il n’y a plus vraiment d’enjeu, sauf celui de se déprogrammer de la voiture à essence comme seule option disponible.

Pour dénigrer la voiture électrique, on met souvent l’accent sur la faible autonomie ou la rareté des bornes de recharge sur le territoire québécois, deux problèmes qui n’en sont plus vraiment en 2021. Or, la voiture électrique a plusieurs atouts dans son jeu. Elle ne fait pas de bruit, ce qui contribue à l’aspect zen qu’on recherche en plein air tout en permettant de circuler discrètement et ne pas déranger la faune dans les parcs. Comme son moteur est très petit et qu’elle n’a pas de réservoir d’essence, elle compte aussi plus d’espace de rangement qu’un véhicule à essence de même taille.

Lorsqu’on prévoit un séjour en voiture électrique, il faut prendre conscience des distances à parcourir et de l’autonomie de la voiture. Grâce à des applications comme Charge Hub, Plugshare, Circuit électrique et Tesla, c’est un jeu d’enfant que de programmer son itinéraire en fonction des bornes de recharge et de leur répartition géographique. Par exemple, si on décide de franchir 1000 km avec une voiture qui dispose de 300 km d’autonomie, il faudra s’arrêter trois fois et les applications vous proposeront la meilleure route en considérant vos paramètres de recharge.

Le choix des parcours

Tesla à Sainte-Anne-des-Lacs © Jp Valery, Unsplash

Au Québec, plusieurs régions permettent d’envisager de franchir de longues distances électrifiées (lac Saint-Jean, Abitibi-Témiscamingue, Côte-Nord, Gaspésie…) De ce lot, la Côte-Nord et l’Abitibi sont un peu moins bien pourvues en bornes de recharge rapide, notamment pour traverser le parc de la Vérendrye. Mais ceci affecte surtout les plus vieux modèles de véhicules électriques avec moins d’autonomie.

En revanche, la Gaspésie est la championne des régions québécoises avec une offre relevée qui a d’ailleurs attiré de nombreux électromobilistes lors du premier été pandémique en 2020. À un point tel qu’il a fallu ajouter des bornes rapides supplémentaires aux sites déjà existants pour éviter les files d’attente, ce qui a été fait à temps pour la prochaine saison estivale. Autour de Montréal ou de Québec, les régions (Cantons-de-l’Est, Laurentides, Lanaudière, Mauricie, Charlevoix, Beauce…) comptent pour leur part de nombreux sites de recharge, et il est plus qu’aisé d’y faire le plein de volts.

Le Circuit électrique, ce réseau québécois de bornes de recharge, compte d’ailleurs plus de 3000 sites de recharge, dont quelque 450 à débit rapide. C’est dix fois plus qu’il y a cinq ans à peine. Ces bornes sont stratégiquement disposées pour permettre aux véhicules électriques de nouvelle génération de les rejoindre aisément sans craindre la panne, y compris sur la Côte-Nord et en Abitibi.

Bientôt, les voitures électriques pourront même franchir autant, sinon plus de kilomètres que leurs ancêtres à essence. Certains modèles y parviennent déjà : depuis dix ans, l’autonomie des modèles de base a triplé, frisant désormais les 300 km en moyenne, voire davantage selon les fabricants – jusqu’à 600 km dans le cas de certaines Tesla. Résultat : on peut aller plus loin sans devoir se brancher.

Désormais, 66 terrains de camping québécois offrent des bornes de recharge pour véhicules électriques. La Sépaq a également déployé des infrastructure pour recharger les voitures dans une dizaine de ses parcs nationaux du Québec, dont ceux du Mont-Orford, du Mont-Mégantic, du Lac-Temiscouata et de la Chute-Montmorency. Même chose du côté de Parcs Canada, où une quarantaine de sites sont pourvus de bornes au pays, incluant le parc national de la Mauricie et le parc marin du Saguenay – Saint-Laurent, au Québec.           

Que faire en cas de pépin?


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Contrairement aux voitures à essence, dont les multiples composantes (carburateur, radiateur, pistons, courroie de transmission, etc.) s’usent et finissent par être défectueux, une voiture électrique subit rarement un bris mécanique. Dans ce cas, on fait comme d’habitude et on appelle la dépanneuse pour se rendre jusqu’au garage ou au concessionnaire le plus proche.

Si on a mal prévu ses déplacements et qu’on s’approche de la panne (de batterie), il faut alors s’arrêter une heure ou deux, avant que la voiture ne s’immobilise complètement, pour ajouter quelques kilomètres d’autonomie grâce au pistolet de recharge personnel, rangé dans le coffre. Celui-ci est fourni avec l’équipement de base de tout véhicule électrique et se branche sur n’importe quelle prise de courant de 110 Volts. Il faudra seulement trouver un bon samaritain et lui demander d’utiliser sa prise. Ce scénario ne se produit que très rarement, sauf chez ceux qui sont habitués de tomber en panne sèche avec leur véhicule à essence... 

Il faut enfin savoir que de nos jours, les bornes rapides rechargent la batterie d’un véhicule électrique en une vingtaine de minutes. En revanche, les bornes de niveau 2 nécessitent quelques heures. Comme celles-ci sont plus souvent présentes le long des routes secondaires, certains électromobilistes en profitent pour découvrir un petit village méconnu, arpenter un sentier avoisinant ou faire un tour de kayak sur un plan d’eau où ils n’ont jamais navigué. Simon-Pierre Rioux, président de l’Association des véhicules électriques du Québec et pionnier de la conduite électrique, traîne ainsi en permanence un petit kayak gonflable, dans le coffre de sa voiture. Tant qu’à attendre assis à rien faire, autant s’activer…


Les trucs de l’électromobiliste

  • Posséder une voiture électrique nécessite l’utilisation d’un téléphone intelligent pour préchauffer l’habitacle en hiver ou le pré-climatiser en été (quand la voiture est branchée idéalement), mais aussi pour planifier son itinéraire et garder un œil sur l’état de la recharge pendant qu’on fait autre chose. Du plein air, par exemple.
  • Mieux vaut privilégier les routes aux limites de vitesse plus lentes que les autoroutes. Ainsi, on consomme moins et on va plus loin avant de devoir se brancher (car plus on roule lentement, moins la batterie se décharge). Sans compter que les parcours et le décor sont souvent plus agréables.
  • Dès que c’est possible, il faut toujours brancher sa voiture la nuit. Elle se recharge alors en même temps que ses occupants dorment. Comme le dit Daniel Breton, consultant en électrification des transports : « C’est comme pour un téléphone : la nuit, ça recharge et le matin, la batterie est pleine à 100 %. »
  • Beaucoup d’hôtels offrent la recharge gratuite. En planifiant son itinéraire en conséquence, un road trip de 2500 km pourra coûter 20 $ en recharge, au lieu de 300 $ d’essence…
  • Certains centres de ski ont installé des bornes de recharge dans leur stationnement. C’est le cas de Sommet Saint-Sauveur, Tremblant, Sutton et Le Massif.

Informations générales et ressources


L’auteur remercie Daniel Breton, consultant en électrification des transports, et Simon-Pierre Rioux, président de l’Association de véhicules électriques du Québec, pour leurs judicieux conseils utiles à la réalisation de cet article.


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