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Balados : Du plein air et de l’aventure plein les oreilles

La popularité de la baladodiffusion ne se dément pas, et depuis quelques années, sa croissance semble exponentielle, y compris en sport et plein air. Espaces a écouté quelques épisodes d’une sélection de balados québécois, pour le meilleur et pour le pire.

 

L’appel de l’aventure

L’appel de l’aventure est un balado au style classique, basé sur l’entrevue et la chronique, mais il est réalisé par des gens qui connaissent bien leur sujet. Depuis un peu plus d’un an, une quinzaine d’épisodes ont été produits sur l’actualité du plein air, le récit d’expédition ou les conseils matériels, entre autres.

Le journaliste Jean-Sébastien Massicotte, spécialisé en plein air depuis de nombreuses années et que l’on peut lire dans Espaces, a le flair pour les bons sujets. Il ne badine pas en ondes : les thèmes sont explorés avec profondeur, comme dans cet épisode où l’on discute de l’importance de laisser les enfants prendre des risques pour se développer.

Le coanimateur Sébastien Lapierre, aventurier qui a rallié le pôle Sud en ski et en solo, ponctue de réflexions et d’anecdotes les échanges, créant une belle dynamique derrière le micro. Quant à la collaboratrice Joanie St-Pierre, elle ramène dans la conversation un point de vue féminin et familial toujours pertinent.

Cela dit, les épisodes gagneraient à être resserrés. Les discussions sur l’équipement peuvent être intéressantes, mais peut-être pas pendant 50 minutes. Certaines entrevues auraient aussi mérité quelques coups de ciseaux dans le montage, pour plus de dynamisme. Mais dans l'ensemble, on a ici droit à un bon balado qui témoigne de l’expérience de ses créateurs.

Aventures illimitées

Voici un bizarre de balado, dont l’amateurisme est flagrant. Quatre épisodes ont été diffusés en 2017, trois seulement en 2018, puis il est repris par l’aventurier Frédéric Dion vers la fin de 2019, alors qu’il s’attaque à sa deuxième expédition visant à atteindre l’un des pôles intérieurs du globe.

Rappelons que l’aventurier s’est ici donné le défi de rejoindre le « point le plus éloigné des côtes » des sept continents, de façon active. En janvier dernier, il a ainsi touché le centre de l’Amérique du Sud après 45 jours à vélo, à pied et en radeau. Si l’aventure qu’il a accomplie avec deux autres aventuriers est admirable, le balado qui en résulte l’est moins.

Les trois hommes sont allés au bout du monde mais ils n’ont pas pensé à nous gratifier de quelque son d’ambiance ou d’un échange en espagnol au marché. Tout ce à quoi on a droit, c’est à une conversation entre trois gars enregistrée d’un trait, sans scénarisation et avec trop de détails techniques. S’il est intéressant de savoir que les vélos n’ont pas résisté aux conditions brutales de l’aventure, se faire raconter avec enthousiasme quel rayon ou quelle cassette a rendu l’âme l’est moins.

Il reste l’énergie des trois gars, clairement sur un « high » alors qu’ils avancent vers l’intérieur du continent et qu’ils vivent certains des moments les plus difficiles de leur vie. On aurait souhaité que cette énergie soit récupérée pour construire, plus tard et avec du recul, un récit qui décolle du réel et offre une perspective unique.

Montagnes au féminin

Très intime, presque feutré, le balado d’Amandine Géraud est une belle promesse. Lancé en octobre 2019, il ne compte que six épisodes (au moment de publier ces lignes) mais il vaut la peine d’être suivi.

© Facebook / Montagnes au féminin

L’animatrice exploite un bon filon : l’aventure telle que vécue par les femmes. Le balado est basé sur de longues entrevues où Amandine questionne ses invitées, toutes aventurières, randonneuses ou simples sportives, sur leur passion du plein air.

Ce faisant, elle pousse ses auditeurs à la réflexion sur les spécificités féminines de l’aventure, les approches et les rythmes différents des femmes, les rapports entre sexes ou encore le besoin d’inspiration et de modèles féminins.

L’animatrice s’adresse à l’auditeur par un tutoiement un peu désagréable (on a l’impression d’être considéré comme un gamin), et la qualité sonore pourrait être meilleure, mais l’authenticité et la générosité d’Amandine Géraud comblent les petits défauts de sa production.

Les machines

Projet personnel du couple d’entrepreneurs en immobilier et hypothèque Maxime Tardif et Stéphanie Simpson, ce balado est une belle bouffée d’inspiration, malgré certaines imperfections ici et là (on les pardonne, ce n’est pas leur métier).

Les coanimateurs reçoivent aux semaines ou aux deux semaines un invité remarquable. Si, dans un premier temps, ils ont surtout interviewé des athlètes d’endurance – ce qu’ils sont eux-mêmes – ils font maintenant une plus large part à l’accueil d’entrepreneurs.

Maxime Tardif a une bonne personnalité en ondes et sa passion est palpable. Il cherche à comprendre ce qui motive les gens à repousser leurs limites et à relever des défis. Puisque le balado n’est constitué que de longues entrevues, c’est surtout la qualité de l’invité qui fait de bons épisodes, certains étant plus intéressants que d’autres.

Radio Bidon

Le journaliste aguerri David Desjardins, un vrai passionné de vélo, est aux commandes de ce balado dédié à l’actualité de tout ce qui roule sur deux roues, et de ce qui gravite autour. Communicateur-né, Desjardins est un excellent animateur : qu’il est agréable d’écouter un balado produit par des pros!

Diffusé sur les plateformes toutes les semaines, Radio Bidon est toutefois un magazine audio de niche. Pour les non-initiés, les discussions portant sur les différentes épreuves du circuit mondial sonneront comme une langue étrangère. Mais pour les passionnés, l’émission est une référence, qui fait la part belle à l’analyse sportive.

On note que le ton est dynamique et que les entrevues ne s’éternisent pas. Des épisodes sont consacrés à l’entraînement, l’équipement ou encore la nutrition. Les femmes ne sont pas oubliées. Bref, un balado cinq étoiles.


Spécialisé en sport et plein air, Vincent Champagne a travaillé dix ans à Radio-Canada, autant à la rédaction numérique qu'au reportage radio national. Il a notamment fait partie de l'équipe qui a conçu l'application de la Première chaîne et a été chroniqueur pour des émissions radio nationales. Son téléphone lui dit qu'il est abonné à 60 balados, même s'il n'en écoute qu'une douzaine par semaine (c'est quand même pas mal.)

Commentaires (1)
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sortiepleinair - 27/02/2020 10:42
Bonjour, je me permet une petite "plogue" personnelle pour vous faire connaître mon balado qui traite également de plein air: SortiePleinAir - Le Podcast (sortiepleinair.com/lepodcast).

Disponible sur sortiepleinair.com ou dans iTunes/Google Play/Spotify.

Si vous pouviez l'ajouter à l'article, ce serait grandement apprécié!

Merci!